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dimanche 8 mars 2020

Etape 9 - France - 20 000 lieues sous les mers de Jules Verne

Carte France

Pour cette 9ème étape en France, j'ai enfin pris le temps de lire ce grand classique de la littérature française qu'est Vingt mille lieues sous les mers !

D'avance, je me suis dit qu'un livre qui a traversé les époques a forcément ce quelque chose en plus qui fait qu'on le lit encore aujourd'hui 😉.

Vingt mille lieues sous les mers, Jules Verne
Vingt mille lieues sous les mers - Jules Verne
Résumé : Une mystérieuse créature provoque l'inquiétude parmi les marins du monde. Après le naufrage de plusieurs navires, la frégate Abraham Lincoln est donc affrétée pour mettre un terme à cette menace.

Après des semaines sans résultats, le vaisseau se trouve face à un étrange adversaire qui résiste à toutes ses attaques. Au cours de l'affrontement, le scientifique Pierre Aronnax, son fidèle serviteur, Conseil, et le harponneur canadien, Ned Land, se retrouvent projetés par dessus bord. 

Nemo, le capitaine du sous-marin Nautilus, le fameux monstre qui n'en est pas un, choisit de les sauver à deux conditions, que les trois hommes ne quittent plus son bord et acceptent de rester dans l'ignorance concernant certaines de ses activités. 

C'est le début d'une aventure sans précédent à la découverte des fonds marins.

Mon avis : Comme je l'ai déjà évoqué dans mon bilan de février, lire Jules Verne a un effet hypnotisant sur moi.

Je suis très loin de comprendre toutes ses explications scientifiques et sa passion pour les énumérations accumulatives pourrait faire renoncer bien des lecteurs. 

En voici un bel exemple :

«Je me précipitai vers la vitre, et sous les empâtements de coraux, revêtus de fongies, de syphonules, d’alcyons, de cariophyllées, à travers des myriades de poissons charmants, des girelles, des glyphisidons, des pomphérides, des diacopes, des holocentres, je reconnus certains débris que les dragues n’avaient pu arracher, des étriers de fer, des ancres, des canons, des boulets, une garniture de cabestan, une étrave, tous objets provenant des navires naufragés et maintenant tapissés de fleurs vivantes.» Vingt mille lieues sous les mers, chapitre 19 - Vanikoro, Jules Verne.

Si tout le vocabulaire de la citation ci-dessus vous est familier. Félicitations !👏
Sinon, prévoyez un dictionnaire voire une encyclopédie ^^.

Vingt mille lieues sous les mers est un roman où les passages descriptifs sont légions. L'auteur avait la réputation de beaucoup se documenter avant d'écrire et cela se voit !

Parfois le style de Jules Verne me rebute mais bizarrement alors que je me dis que je vais peut être lire autre chose, je suis happée par le récit et je ne me préoccupe plus des termes que je ne connais pas. Il y a presque un côté poétique dans ces fameuses énumérations.

Ce roman est bien plus riche que la plupart des adaptations qui en on été faites. Par exemple, je ne me souviens pas du tout d'avoir vu quoi que ce soit sur les chapitres où l'action se passe dans l'Antarctique. Peut être un défaut de mémoire 😝.

Le centre de l'histoire, c'est le capitaine Nemo bien sûr. Mystérieux jusqu'au bout, il peut être d'un sang-froid sans pareil puis passer par des accès de rage inattendus. Quelques navires, calmars ou cachalots en feront les frais au cours de l'histoire. 

En fait, Nemo peut se traduire par "personne" en latin. C'est un clin d’œil de Jules Verne à L'Odyssée d'Homère et à la rencontre entre le cyclope Polyphème et Ulysse. Face à l'opposition de son éditeur, l'auteur n'a pas pu faire du capitaine un polonais victime de l'oppression russe, sa véritable identité n'est donc pas révélée.

Les relations qui se tissent entre les personnages comptent tout autant que les aventures qu'ils vivent. J'ai beaucoup apprécié l'amitié qui se tisse entre Nemo  et Aronnax. Le premier personnage respire la solitude et se méfie des humains en général mais il baisse parfois sa garde pendant ses échanges avec le scientifique car ils partagent la même passion.

Le très loyal Conseil est un personnage très attachant aussi. J'ai eu un peu plus de mal à supporter Ned Land qui est très "brut de décoffrage" et considère la plupart des êtres vivants comme de la nourriture avant tout. 

Étonnamment, certains passages parlent d'écologie et évoquent la surpêche. En toile de fond des romans de Jules Verne, on devine souvent une critique de la société, jamais tout à fait développée puisqu'il devait écrire des romans d'aventure et de vulgarisation scientifique avant tout.   

En bref : Vingt mille lieues sous les mers n'a pas marqué des millions de lecteurs pour rien, c'est un livre passionnant. J'ai hâte de lire la suite : L'île mystérieuse.

challenge tour du monde littéraire

vendredi 24 janvier 2020

Etape 8 - Pays-Bas - Au premier regard de Margriet de Moor


Carte Pays Bas

Pour cette 8ème étape, je reste en Europe avec un très court roman néerlandais.

Je ne connaissais pas du tout l'auteure, Margriet de Moor. J'ai donc choisi ce roman selon ma méthode très efficace du hasard en médiathèque 😉.
Au premier regard de Margriet de Moor
Au premier regard - Margriet de Moor

Résumé : Une femme se remémore les moments passés avec son mari, décédé brutalement 15 ans plus tôt, à la faveur d'une nuit d'insomnie et alors que son amant dort encore.

Mon avis : Au premier regard est un roman dont le style minimaliste m'a beaucoup rappelé certains romans japonais. Pourtant nous sommes bien aux Pays-Bas, un passage sur une balade en patins à glace sur une rivière gelée m'y a parfaitement transportée.

C'est un récit plein de mélancolie qui nous montre une héroïne passée par toutes les étapes du deuil. Après avoir vécu un bonheur conjugal simple et complice, le choc de la mort de son mari la laissée à la fois emplie de questionnements mais aussi avec un grand vide.

Le lecteur traverse avec elle ces différentes étapes, de la recherche de sens à l'acceptation du caractère insondable de certains actes, du fait que l'on ne connaît jamais tout à fait l'autre et ce qu'il ressent.

Je me suis retrouvée comme dans une bulle avec la narratrice qui lentement apprend à se reconstruire, à rétablir les liens avec son entourage, rencontrer d'autres hommes, ou simplement à vivre dans le présent à travers la pâtisserie notamment.

En bref : C'est un roman envoûtant au thème assez dur. Un petit bémol : j'aurais aimé plus de passages sur la reconstruction de l'héroïne même si j'ai apprécié l'ensemble de ceux sur son passé avec son mari.

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dimanche 19 janvier 2020

Etape 7 - Royaume-Uni - Le cœur de l'Angleterre de Jonathan Coe


Carte Royaume-Uni

Pour cette 7ème étape : Welcome in England !!!

Middle England de Jonathan Coe
Middle England - Jonathan Coe

Difficile de savoir ce que va donner le Brexit dans les prochaines années mais voyons le côté positif des choses : au moins il aura inspiré Jonathan Coe pour poursuivre l'histoire des enfants de Longbridge. La série comptait déjà Bienvenue au club et Le cercle fermé, et 14 ans après voici : Le Coeur de l'Angleterre 😃.
Le coeur de l'Angleterre de Jonathan Coe
Le coeur de l'Angleterre de Jonathan Coe
Bienvenue au club de Jonathan CoeLe Cercle fermé de Jonathan Coe

Dans ce roman, on retrouve les personnages des deux premiers romans, ils ont atteint la cinquantaine mais pas tellement changé côté caractère 😏.

Le troisième tome peut très bien être lu indépendamment des deux autres, ceci dit je conseillerai fortement de les lire dans l'ordre : on apprécie mieux l'évolution du pays et des mentalités, des années Thatcher de Bienvenue au club, aux années Cameron du coeur de l'Angleterre en passant par les années Blair du cercle fermé.

Résumé : L'histoire alterne entre les récits de plusieurs personnages.
Celui de Benjamin, déjà au centre des deux premiers romans, il vit dans la campagne anglaise depuis sa rupture avec Cicely et se consacre à l'écriture et à la musique. On retrouve au passage son ancien camarade, Charlie, qui est devenu clown et peine à joindre les deux bouts.
Celui de Sophie, la nièce de Benjamin, qui navigue dans le milieu universitaire et se retrouve confrontée d'un côté à ces fameux anglais du coeur de l'Angleterre et d'un autre à des progressistes pas toujours éclairés. 
Celui de Doug, journaliste politique, qui doit gérer une fille que tout énerve et dont les rencontres avec son fameux informateur du gouvernement, Nigel, nous apporte des éléments sur cette fameuse question : A quoi pensait le gouvernement Cameron quand il a promit un référendum sur la sortie de l'Union Européenne ?


Mon avis : J'ai adoré les deux premiers tomes de cette trilogie mais  d'autres romans de l'auteur m'ont déçus donc j'avais beaucoup d'attente pour ce troisième tome. Est-ce que Jonathan Coe pourrait nous apporter un éclairage différent sur le Brexit ? 

Dès le début du roman, avec un débat entre deux auteurs, un français et un anglais, Jonathan Coe pose le décor. D'un côté de la Manche, il y a les très flegmatiques anglais et de l'autre les français toujours un peu énervés presque prêts à faire la révolution. Le fameux flegme britannique n'est plus ce qu'il était apparemment, c'est à se demander d'où cette légende sur le caractère anglais a bien pu être tirée. Le coeur de l'Angleterre nous montre un pays marqué par la nostalgie, la colère et les divisions.

La nostalgie, c'est un peu la spécialité de Benjamin dans ce récit, il ne cesse de revenir à ses souvenirs. C'est aussi une des spécialités de son père, Colin. Le passage où il parle des usines qui ont disparues à Longbridge m'a beaucoup émue. On sent le désoeuvrement de toute une génération face à la désindustrialiation du pays.

Ce qui nous amène à la colère, car oui, Colin, est nostalgique mais il est aussi et surtout en colère. Des personnages énervés, le récit en regorge. Dès le début nous avons un aperçu des émeutes de 2011, qui ne sont pas sans rappeler d'autres émeutes dans d'autres pays d'Europe, laissent voir une Angleterre en proie aux conflits.

L'ouverture des JO de 2012, grande communion de tout le pays, apparaît comme le chant du cygne. Tout le reste du récit deux Angleterre s'affrontent. Une Angleterre urbaine, multiculturelle et intellectuelle face à une autre plus rurale, quelque peu raciste et assez allergique aux raisonnements complexes.

Pourtant le récit reste nuancé. Les urbains, ou plus exactement Londres, ne sont pas épargnés par la critique : Nigel incarne parfaitement une classe politique déconnectée des réalités. A l'opposé, Benjamin, plutôt Angleterre rurale, peut apparaître très agaçant par son indécision parfois. Cependant, dans ses nuances, il reste ferme dans son refus d'accepter la polarisation de son pays. Avec sa soeur, Lois, ils représentent une Angleterre plus calme et accueillante.

En bref : Le coeur de l'Angleterre est un roman à la hauteur des deux premiers tomes de la série. Un portrait sans concessions et avec beaucoup d'ironie de l'Angleterre actuelle.  Du grand Jonathan Coe en somme !

mardi 7 janvier 2020

Etape 6 - Nigéria - Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie

Carte du Nigéria

Pour cette étape au Nigéria, mon choix de livre était une évidence. J'ai tellement entendu parler du roman de Chimamanda Ngozi Adichie, Americanah qu'il fallait absolument que je me plonge dedans 😄.

Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie
Americanah - Chimamanda Ngozi Adichie

Résumé : Après avoir vécu plus de 10 ans aux Etats-Unis et connu le succès grâce son blog sur le thème de la race, Ifemelu s'apprête à retourner dans son pays d'origine, le Nigéria. Là-bas, elle appréhende de retrouver Obinze, son premier amour, avec qui elle a brusquement coupé contact plusieurs années auparavant. 
Celui-ci est devenu un homme d'affaires à succès dans le domaine de l'immobilier. Marié et père d'une petite fille, bien intégré à la haute société nigériane, il se sent pourtant en décalage.

Mon avis : Americanah est un roman très richeUne grande partie du roman revient sur le passé commun d'Ifemelu et Obinze au Nigéria, l'évolution d'Ifemelu aux Etats-Unis et le parcours d'Obinze en Angleterre.

L'auteur fait un portrait sans concessions des trois pays dans lesquels se passe le récit. L'histoire navigue entre un Nigéria en pleine effervescence culturelle et économique où passe-droits et corruption font aussi partie du quotidien, des Etats-Unis qui se révêlent moins idylliques que prévu et enfin une Angleterre toute en contradictions.

L'expérience d'Obinze au Royaume-Uni comparée à celle d'Ifemelu aux Etats-Unis est assez révélatrice des approches des deux pays vis à vis de l'immigration. D'un côté le pays européen est plus marqué par des discriminations en fonction du statut social : c'est l'immigrant économique qui déplait avant tout. De l'autre, aux Etats-Unis, la couleur de la peau est bien plus cruciale même si les américains blancs feignent de l'ignorer.

Au delà de toute la thématique du racisme et de l'immigration, que j'ai parfois trouvée répétitive, c'est aussi le lien entre Ifemelu et Obinze qui semble inaltérable qui m'a le plus plu. Ifemelu est une femme au caractère bien trempé et Obinze incarne plutôt la force tranquille. Même séparés pendant des années, ils ne semblent jamais oublier l'autre et leurs personnalités se complètent.

La relation d'Ifemelu avec sa tante et son neveu m'a aussi parue essentielle. Ifemelu paraît souvent très dure et son affection pour ces deux membres de sa famille en particulier révèle son côté plus tendre.

Suite à la lecture de son roman, je pense que je lirais les autres ouvrages de l'auteure. En tout cas, ça ne me surprend pas qu'elle ait aussi écrit des textes féministes comme Chère Ijeawele ou Un manifeste pour une éducation féministe, car l'héroïne d'Americanah est un personnage très fort, attaché à son indépendance et qui n'hésite pas à s'exprimer.


Challenge tour du monde littéraire

lundi 23 décembre 2019

Etape 5 - Sénégal - Le ventre de l'Atlantique de Fatou Diome

Carte Sénégal

Seconde étape en Afrique pour ce tour du monde littéraire :)

Bienvenue au Sénégal avec Le ventre de l'Atlantique de Fatou Diome :

Le ventre de l'Atlantique de Fatou Diome
Le ventre de l'Atlantique - Fatou Diome
J'ai découvert ce roman au hasard de mes déambulations à la médiathèque. Je connaissais l'auteure de nom déjà mais je n'avais encore jamais lu un de ses livres.

Née au Sénégal, elle nous offre un récit qui se passe en partie sur son île de naissance : Niodor. Le succès de ses ouvrages a apporté une petite notoriété et des touristes à cette île jusqu'ici inconnue du grand public. Une belle réussite pour l'enfant du pays 😊.

Résumé : La narratrice, Salie, vit à Strasbourg et travaille comme femme de ménage pour financer ses études. Arrivée en France suite à son mariage avec un français qui a finit en divorce, elle mène une vie marquée par la précarité. Tout au long du livre, elle essaie de convaincre son frère, Madické, passionné de foot et désireux de rejoindre la France, de rester au pays.

Sur Niodor, la France est perçue comme un Eldorado où chacun peut s'enrichir. Ceux qui reviennent au pays, après avoir émigré, confortent la population locale dans cette idée. Pour ne pas avoir à admettre leur propres désillusions, ils font miroiter une existence facile en Europe aux jeunes de l'île.

L'instituteur, Ndétaré, marxiste dans l'âme et qui a fait ses études en France, tente de corriger, à sa façon, cette vision faussée de l'émigration auprès de ses élèves. Il souhaite les faire aspirer à mieux qu'à l'illusion d'une carrière de footballeur en France.

Mon avis : J'ai particulièrement apprécié ce roman, qui est plus ou moins autobiographique. Fatou Diome a une très belle plume. Les événements les plus durs sont rapportés comme des contes et cela leur donne un côté poétique. On s'attache vite aux personnages : Madické et sa passion du foot, Ndétaré et ses idéaux, Salie et son amour pour son frère et sa grand-mère.

C'est un livre qui parle beaucoup des difficultés de la vie sur Niodor et en France. On sent la narratrice/l'auteure tiraillée entre son pays d'origine auquel elle est très attachée et son aspiration à une vie libérée d'un certain carcan traditionnel. Fille naturelle, et surtout femme, il est assez évident qu'une vie sur l'île ne lui aurait pas offert beaucoup de perspectives.

Les passages qui parlent de la condition des femmes ont quelque peu réveillé la flamme du féminisme en moi 😤 néanmoins c'est une nouvelle belle découverte et je lirai très certainement d'autres livres de cette auteure.

Challenge tour du monde littéraire


lundi 2 décembre 2019

Etape 4 - Brésil - Ni partir ni rester de Julián Fuks

Carte du Brésil


Première étape en Amérique du Sud dont je connais assez peu la littérature. En attendant de visiter les pays hispanophones de ce continent, place au Brésil et à la langue portugaise !

J'avais prévu de lire Sur le bord de la rivière Piedra, je me suis assise, et j'ai pleuré de Paulo Coelho mais une petite excursion à la médiathèque en a décidé autrement 😉.

Ni partir ni rester de Julián Fuks m'a intriguée par son titre puis sa quatrième de couverture. J'ignorais complètement qu'il avait été primé par le prix brésilien Jabuti 2016 et le prix Saramago 2017. J'ai donc entamé ma lecture sans a priori.


Ni partir ni rester de Julian Fuks
Ni partir Ni rester - Julián Fuks

Ce livre est une autofiction, il reprend donc beaucoup d'éléments de la vie de l'auteur dont le fait qu'il est né au Brésil de parents argentins ayant fui la dictature militaire argentine (1976-1983).

Le narrateur, Sebastián, s'interroge sur les origines floues de son grand frère, adopté à la naissance en Argentine. Il s'intéresse notamment à l'association des grands mères de la place de Mai, qui luttent depuis des décennies pour récupérer leurs petit-enfants enlevés au moment de la dictature.

Grands-mères de la place de Mai
Les grands-mères de la place de Mai

Sebastián alterne entre le récit de ses déambulations dans Buenos Aires et celui d'événements du passé. Il essaie de reconstruire la mémoire de sa famille tout en avouant sa difficulté à la restituer en raison de la propension de tout un chacun à déformer ses propres souvenirs.

Deux thèmes centraux se détachent, celui de son grand frère et de sa difficulté à s'intégrer dans sa propre famille, en raison de son statut d'enfant adopté, et celui de l'identité et de l'exil.

J'ai lu ce livre d'un trait. L'auteur retranscrit parfaitement ce sentiment d'être coupé de ses racines, l'idée d'être originaire d'un pays sans en faire partie. C'est un récit habité d'émotions : l'angoisse des parents, le sentiment d'exclusion du grand frère, la mélancolie de l'auteur.

Une très belle découverte, j'espère que ses autres romans seront traduits également.

Challenge tour du monde littéraire



mardi 26 novembre 2019

Etape 3 - Etats-Unis - Le parfum de ces livres que nous avons aimés de Will Schwalbe


Troisième étape et nouveau changement de continent :)

Pour une étape aux Etats-Unis, j'avais l'embarras du choix et je me suis finalement arrêtée sur le livre de Will Schwalbe après avoir écouté un podcast où il s'exprimait sur l'amour des livres disponible en anglais ici, il a d'ailleurs son propre site et son propre podcast sur les livres. C'est un ancien éditeur donc on peut dire qu'il connaît très bien son sujet.


Le parfum de ces livres que nous avons aimés - Will Schwalbe


Je trouve que le titre original du livre, The end of your life Book Club (Le Book Club de la fin de ta vie) , est beaucoup plus révélateur que le titre en français pour le lecteur. Il indique clairement qu'un des thèmes est la fin de vie et que le côté hommage de l'ouvrage.

Ce livre relate en effet les dernières années de la vie de la mère de l'auteur, Mary Ann Schwalbe, qui lutte contre un cancer du pancréas incurable.

Le parfum de ces livres que nous avons aimés tourne essentiellement autour de la relation de l'auteur avec sa mère et de leur amour commun des livres. Amour qui est d'ailleurs partagé par l'ensemble des membres de la famille qui ont souvent l'habitude de se demander "Qu'est ce que tu lis en ce moment?".

Bien entendu, de nombreux ouvrages sont évoqués au cours de l'histoire puisque l'auteur et sa mère décident de lire des livres en commun et donc de former un Book Club de seulement deux membres. Ils profitent des séances de chimiothérapie assez longues pour parler de ce qu'ils ont lu. Ces discussions sont souvent des moyens détournés d'évoquer des sujets plus difficiles comme le fait que l'état de santé de Mary Ann se détériore, les choix de vie de chacun ou encore l'engagement pour les réfugiés de Mary Ann.

Au cours de ma lecture, j'ai eu du mal avec le côté répétitif de certains passages notamment l'évocation des traitements ou des missions humanitaires. Je m'attendais à ce que les livres prennent plus de place dans la narration.

Ce livre est surtout un véritable hommage.

La mère de l'auteur a eu une vie plutôt exceptionnelle, elle s'est engagée pour les réfugiés après une carrière dans le monde universitaire et sa vie privée a été tout aussi réussie. On sent la fierté de l'auteur pour elle surtout lorsqu'elle reste encore active malgré la maladie. 
Comme beaucoup d'hommages, son principal défaut est qu'il décrit Mary Ann comme quelqu'un de trop parfait. J'aurai préféré un portrait plus nuancé.

Par ailleurs, j'ai beaucoup apprécié de nombreux passages, ceux qui parlent des livres bien sûr mais aussi ceux qui transmettent une certaine philosophie de vie. Quelque part, tout au long du livre, il y a la question "Qu'est-ce qu'une vie qui a du sens ?", la façon d'aborder la fin de vie ou "Comment réagir et faire face à la violence ?".

Ce que je retiendrai de cette lecture c'est surtout l'importance des livres pour améliorer la compréhension entre humains. 

Petit plus 
Voici un lien vers la principale réalisation du projet en Afghanistan dont il est question au cours du livre : http://acku.edu.af/




jeudi 31 octobre 2019

Etape 2 : Zimbabwe - The Boy Next Door d'Irene Sabatini




Pour cette seconde étape, j'ai choisi un livre qui m'emmène sur un autre continent et un pays complètement différent du Japon : le Zimbabwe.

Je ne connais pas beaucoup la littérature africaine et mes connaissances sur le Zimbabwe étaient limitées aux clichés du genre :
  • Zimbabwe = son ancien dictateur : Robert Mugabe
  • Un pays où les gens vont faire des safaris photos (et/ou tuer de gros animaux pour les plus cons d'entre eux...)
  • Un pays avec une économie hyperinflationniste (+231 000 000% en juillet 2008)
  • Des conflits interraciaux

Il était temps que je découvre un peu mieux ce pays au delà des préjugés !

The boy next door - Irene Sabatini




J'ai acheté le premier roman d'Irene Sabatini, presque par hasard, dans une librairie londonienne, attirée par une de ses fameuses offres "3 for 2" très courantes chez nos amis anglo-saxons :)

Ce qui m'a accroché c'est la première phrase "Two days after I turned fourteen the son of our neighbour set his stepmother alight." ("Deux jours après que j'ai eu quatorze ans, le fils du voisin a mit le feu à sa belle-mère").
En tant que lectrice, je suis plutôt une âme sensible et ce genre d'amorce aurait plutôt tendance à me faire fuir mais ce jour là, cela a suscité ma curiosité.

L'intrigue ne tourne pas tellement autour de ce meurtre, même s'il a beaucoup d'importance dans l'histoire, mais plutôt autour de la relation des deux personnages principaux, Lindiwe et Ian

Lindiwe est une jeune fille de couleur, elle insiste beaucoup pour être considérée comme une personne de couleur plutôt que comme une personne noire. Sa famille s'est installée dans un quartier de "blancs" et elle fréquente une école de "blancs". On l'aura deviné, la question du racisme est omniprésente dans l'histoire.

Ian est un blanc africain, son père était un homme qui faisait partie des "Selous Scouts", une unité spéciale de l'armée de Rhodésie (la Rhodésie du Sud est l'ancien nom du Zimbabwe), une unité interraciale réputée pour regrouper les soldats les plus redoutables. Sa mère l'a abandonné et s'est installée en Afrique du Sud, pour fuir son père violent, quand il était enfant. 

Au début de l'histoire, il revient d'Afrique du Sud où il est allé cherché sa mère pour régler la succession conflictuelle de son père, qui s'était remarié à une femme métisse connue pour sa violence également. C'est donc Ian qui est accusé d'avoir brûlée vive  sa belle-mère au tout début de l'histoire. Assez vite, on comprend que l'enquête a été bâclée et qu'il s'agissait surtout d'en profiter pour arrêter et humilier un homme blanc.

Le roman a pour toile de fond les crises qui traversent le Zimbabwe après son indépendance : interraciale, économique et politique. Robert Mugabe et son parti,  Zimbabwe African National Union – Patriotic Front (ZANU–PF), accaparent progressivement tous les pouvoirs pour diriger le pays d'une main de fer.

La Rhodésie du Sud n'a pas connu un régime d'Apartheid aussi strict que l'Afrique du Sud mais les relations entre blancs et noirs sont très conflictuelles, la relation de Ian et Lindiwe est donc mise à rude épreuve. Eux-mêmes ne sont pas dénués de préjugés et c'est ce que j'ai trouvé intéressant. Lindiwe a fait de hautes études, elle est très cultivée, bien intégrée parmi les expatriés occidentaux qui travaillent dans l'humanitaire. Ian, au contraire, fait parti des blancs africains mal considérés par les expatriés qui jugent sévèrement le "racisme" des blancs locaux, et il n'a pas fini ses études secondaires.

Leur couple est assez complémentaire en termes de tempérament car Ian est sauvé par un état d'esprit assez désinvolte alors que Lindiwe prend tout plus à coeur.

J'ai beaucoup apprécié ce roman qui m'a fait découvrir le Zimbabwe sous un autre angle même s'il y a l'aspect racisme/conflits/pauvreté, ce sont surtout les relations humaines au sein du couple et de la famille qui sont au coeur du livre.

Le roman est disponible en anglais et a déjà été traduit dans 6 autres langues. Je trouve dommage qu'il n'ait jamais été traduit en français, surtout que l'auteur Irene Sabitini vit en partie à Genève. 


dimanche 20 octobre 2019

Etape 1 : Japon - Maïmaï d'Aki Shimazaki




Quoi de mieux pour commencer un tour du monde que le pays du Soleil Levant !

Pour cette première étape au Japon, je retrouve une auteure que j'apprécie énormément : Aki Shimazaki. Maïmaï, le livre que j'ai choisi, était son seul roman que je n'avais pas encore lu.

J'ai découvert cette auteure au stand Actes Sud au salon Livre Paris où je suis  tombée sous le charme de la couverture d'un de ses romans précédents.

Tonbo - Aki Shimazaki


Cette auteure japonaise, qui vit au Canada, écrit directement en français. Ses très courts romans, toujours moins de 200 pages, font tous partie d'une pentalogie. J'ai tout de suite acheté deux de ses romans, la libraire du stand n'a pas eu besoin de beaucoup me convaincre ;).

Maïmaï - Aki Shimazaki


Maïmaï est le cinquième et dernier tome de la pentalogie L'Ombre du chardon.

Voici un aperçu des autres tomes de cette pentalogie :



Maïmaï peut être lu indépendamment des autres romans de la pentalogie mais lire l'ensemble des cinq romans apporte beaucoup d'informations par rapport à l'intrigue et surtout pour comprendre les personnages.

Au début de ce roman, le personnage principal, Tarô, sourd-muet, perd sa mère brutalement, Mitsuko Tsuji, un des personnages principaux du premier tome de la pentalogie, Azami, et personnage central de Hôzuki.

A la suite de cette perte, il entame une nouvelle vie puisqu'il retourne vivre avec sa grand-mère et crée sa propre galerie dans les locaux de la librairie qu'il a hérité de sa mère. Il retrouve aussi Hanako, son amie d'enfance, alors qu'il est en pleine hésitation concernant sa relation avec sa petite-amie. Au fur et à mesure de l'intrigue, différents secrets sur sa famille et ses origines sont dévoilés.

Ceux qui ont lu les tomes précédents auront déjà une idée des complications engendrées par ces retrouvailles avec son amie d'enfance. Lire Hôzuki avant ou après Maïmaï apporte des éléments essentiels sur Mme Satô et je pense qu'il serait dommage de lire un tome sans l'autre.

Dans ce livre, j'ai retrouvé le style d'Aki Shimazaki, une intrigue minimalisme, ciselée, tout en délicatesse et c'est toujours un vrai bonheur. La lecture est très agréable et c'est une vraie plongée dans la culture japonaise. Sa façon d'aborder des thèmes très durs tout en restant sobre me donne toujours une impression de calme et d'apaisement.